Concours complémentaire 2019

LE CONCOURS 2019 EST OFFICIELLEMENT OUVERT (J.O. du 8 mars 2019)

           Nous avons décidé de ne pas organiser de préparation spécifique aux écrits du concours complémentaire de la magistrature pour 2019, mais de proposer à celles et ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure de s’inscrire à la formation dispensée aux candidats des deuxième et troisième concours.

Cela appelle plusieurs explications :

D’abord, il convient de souligner que l’année 2018 aura été une année exceptionnelle pour ce qui est du nombre de postes ouverts au concours (80), même s’il reste à jauger le résultat final des postes pourvus (ce que nous saurons en décembre 2018, et plus encore en juin 2019, après le grand oral de sortie).  En revanche, la publication très tardive de l’arrêté d’ouverture du concours (arrêté du dimanche 13 avril 2018 publié le 15 avril…pour des épreuves ayant lieu début septembre) avait de quoi décourager de nombreux candidats potentiels : comment préparer ce concours sur une période relativement courte, tout en faisant face à ses obligations familiales et professionnelles ? Cela s’est traduit, sur l’ensemble du pays, par un nombre modeste de dossiers de candidature (environ 400) et des salles parfois très clairsemées lors des épreuves de début septembre. Quant à nos candidats, majoritairement inscrits au printemps, ils n’ont quasiment rien composé, consacrant tout leur temps à l’assimilation des supports que nous leur fournissions. Nul n’est à blâmer, c’est ainsi, mais cela ne nous satisfait pas, d’autant que ces candidats, une fois admis, devront, après une (très) courte formation à Bordeaux, être opérationnels en stage, sous peine de ne pas passer le cap du « troisième tour » (voir, ci-dessous, la description des étapes du concours complémentaire).

Ensuite, et précisément, le programme du concours complémentaire est étroit et, pour tout dire, fort désuet. Un exemple parmi d’autres : le mariage est au programme, ainsi que le divorce, mais ni le Pacs ni le concubinage ne sont mentionnés. C’est la France de tante Yvonne, un tantinet déconnectée des réalités contemporaines, sachant que le JAF est le juge de toutes les conjugalités. Quant à la procédure, qu’elle soit civile ou pénale, elle est tout bonnement hors programme. Or, une fois admis au concours, les candidats devront être très rapidement opérationnels en stage : comment l’être sans maitriser la procédure ? S’agissant de la connaissance et de la compréhension du monde contemporain, elle ne figure pas parmi les épreuves écrites du concours complémentaire, mais sera appréciée lors du grand oral, lorsqu’on jaugera « l’ouverture d’esprit » des candidats, après les avoir interrogés sur leur parcours. D’autre part, bien qu’étroit, ce programme recoupe celui des 1er, 2ème et 3ème concours. Ainsi le sujet de droit pénal du concours complémentaire 2018 était-il déjà tombé en 2013 aux 3 concours d’accès
Enfin, les candidats ont tout intérêt à maximiser leurs chances d’entrer dans la magistrature en se présentant non seulement au concours complémentaire, mais aussi, s’ils remplissent les conditions, aux deuxième (secteur public) ou troisième concours (secteur privé), tout en lançant le cas échéant, et parallèlement, une procédure d’intégration directe

Eu égard à la diversité des profils des candidats, et à la variété des contraintes qui sont les leurs, la préparation des écrits s’effectuera entièrement à distance. Il va de soi que les candidats qui seront admissibles au concours complémentaire bénéficieront d’une préparation spécifique au grand oral, afin d’appréhender convenablement les spécificités du cas pratique exposé à l’oral (une heure de préparation, dix minutes de présentation), ainsi que d’une préparation à l’oral de droit public (20h de cours + 1 simulation). Cette préparation inclura non seulement un cours dédié de préparation aux cas pratiques tant en droit civil qu’en droit pénal (20 heures), mais aussi des simulations (1 pour le cas pratique de droit civil, 1 pour le cas pratique de droit pénal), afin de vous placer en conditions réelles de concours.

Ces remarques liminaires étant faites, il peut être utile de rappeler ce qu’est le concours complémentaire, dans sa lettre, son esprit et son évolution.

L’équipe pédagogique de l’Autre Prépa a commencé à préparer des candidats au concours complémentaire dès 1998 (le concours était alors qualifié « d’exceptionnel ») : cette expérience nous a permis d’observer des mutations non négligeables dans l’esprit du concours, qui s’éloigne parfois de sa lettre. En effet, si l’on en croit la lettre des textes qui l’organisent, le concours complémentaire a pour objectif en principe de diversifier les profils de magistrats. D’après l’arrêté, il s’adresse à ceux qui, ayant plus de 35 ans (second grade) ou plus de 50 ans (premier grade), peuvent attester de 7 ans (second) ou 15 ans (premier) d’activité professionnelle dans le domaine juridique, administratif, économique ou social qualifiant particulièrement le candidat pour exercer des fonctions judiciaires. Les années passant, c’est ce second membre de phrase qui apparaît le plus important. Nous avons connu il y a dix ans des professeurs de français, des ingénieurs ou des médecins devenant magistrat après une préparation intensive et une formation accélérée. Ce temps semble révolu : les profils ayant une formation juridique minimale sont désormais privilégiés.

Organisé certaines années à partir d’un arrêté publié assez tard (mars-avril), il commence par des épreuves écrites d’admissibilité qui ont lieu début septembre et se poursuit, pour les candidats déclarés admissibles vers la mi-octobre, par des épreuves d’admission en novembre. Les heureux admis l’apprennent en décembre et se retrouvent à l’ENM à Bordeaux puis en stage en juridiction pour une formation accélérée de quatre mois entre janvier et mai de l’année suivante. Depuis 2011, à l’issue de cette période de formation et de stage, le grand oral peut être fatal : 25% des admis du concours 2013 ont été recalés au grand oral de juin 2014. Cette évolution majeure ajoute un exposant de difficulté au concours qui est désormais hybride : une sélection par des épreuves écrites et orales (ce qui est le propre du concours) puis une formation probatoire (ce qui ressemble davantage à une sélection dans un processus d’intégration…). L’esprit du concours montre que les candidats qui n’ont aucune expérience ou formation juridique ont peu de chance de parvenir au terme de ce parcours d’embûches, aussi brillants soient-ils ; il faut donc, quel que soit son métier initial, être « particulièrement qualifié pour exercer des fonctions judiciaires ». De la même manière, un(e) candidat(e) qui présenterait le premier grade aurait tout intérêt à ne pas être âgé(e) de plus de 55 ans, aussi brillant(e) soit-il (elle) : le jury retient rarement ce type de profil, ce qui peut sembler étonnant si l’on songe à l’allongement de l’espérance de vie et au recul de l’âge légal de départ à la retraite…

Les candidats au concours : Les profils des candidats sont hétérogènes, même si dominent les professions ayant un rapport avec la justice : avocats, greffiers, gendarmes, policiers, psychologues… Nous avons un souvenir très agréable de certaines promotions qui nous apprenaient autant de choses sur leurs métiers que nous leur apprenions de connaissances de fond et de méthodes pour parvenir à réussir le concours. Cela dit, il y a aussi des cas plus difficiles, pour lesquels la présentation du concours semble une dernière chance de reconversion professionnelle, tentée comme un va-tout, sans véritable motivation ni même curiosité pour la magistrature. Il est alors difficile, quelle que soit notre implication, de travailler sereinement à la préparation du concours. On peut pleinement comprendre la difficulté de ce concours, tant au regard de ses aléas que des efforts et des sacrifices consentis, sans parler de la difficile combinaison entre devoirs professionnels, vie familiale et travail personnel de préparation. Ce qui est moins compréhensible, c’est la franche déconnexion de certains candidats non seulement avec le monde juridique, mais encore avec le monde en général, tant au regard des aptitudes que des attitudes.

Notre offre de formation

La méthode d’enseignement combine supports polycopiés, vidéos de méthodologie et de cours, suivi individuel, rédactions de devoirs :

Supports polycopiés : Les polycopiés vous sont envoyés dès votre inscription : ils sont suffisants pour faire face à l’ensemble du programme, tant en droit civil qu’en droit pénal, ce qui vous dispense de l’achat de manuels. Quant à la veille juridique, nous nous en chargeons : les polycopiés sont actualisés et si une réforme importante intervenait en cours d’année, nous mettrions à votre disposition dans de brefs délais une fiche récapitulant les principaux aspects de cette réforme. A noter que nous ne préparons au droit public qu’au titre de l’admission. En clair, seuls les candidats qui choisissent le droit pénal aux écrits d’admissibilité peuvent être intéressés par notre offre.

Vidéos de méthodologie : Ces vidéos ont pour objectif de rappeler les canons de la méthode de la dissertation juridique et de la note de synthèse : elles sont accessibles dès que votre inscription a été validée et peuvent être visionnées autant de fois que vous le souhaitez. Il est impératif de les visionner avant de composer le premier devoir. Rappelons à ce titre que la base documentaire fournie en droit civil est une aide et non une entrave : elle vous indique, à travers des arrêts le plus souvent, des pistes de réflexion et des axes possibles de démonstration. Cela dit, il ne s’agit pas d’une épreuve de note de synthèse : le plan et les développements doivent incorporer les éléments de cette base (ex : Com. 10 juillet 2007, Document 1), mais ne sont pas tenus de s’y borner.

Vidéos de cours : Les cours captés en vidéo correspondent aux cours dispensés aux premier, deuxième et troisième concours : 50 heures en droit civil et 40 heures en droit pénal. Cela appelle deux séries de précisions. D’une part, il ne s’agit pas d’un doublon par rapport au polycopié. Tandis que ce dernier déroule l’ensemble des connaissances essentielles et de l’actualité, les cours en vidéo se proposent d’incarner la méthodologie à travers une multitude de plans : une heure, une dissertation, une heure, une dissertation etc. D’autre part, notre conception du programme du concours complémentaire est extensive. En effet, quand on le suit à la lettre, on peut penser qu’il est beaucoup plus étroit que celui des concours externe et interne. En réalité, des nuances s’imposent. En premier lieu, les sujets proposés au complémentaire débordent parfois ce cadre strict (La prescription en droit pénal, alors que la procédure pénale est censée ne pas être au programme) ou paraissent aussi difficiles que ceux des concours « classiques » (L’autorité en droit pénal, 2013). En second lieu, nous pensons qu’une reprise plus large des fondamentaux est utile, tant pour les épreuves d’admissibilité et d’admission que pour faire face aux stages (ex : des rudiments de procédure civile ne nuisent pas à la compréhension du contentieux du divorce, et vous aideront à circonscrire l’objet du litige en tant que JAF…). Quant à la note de synthèse, la préparation se décomposera ainsi : une vidéo de méthodologie d’une heure qui sera suivie de 6 dossiers à composer. Votre première copie vous sera renvoyée après avoir été corrigée. Vous pourrez alors prendre connaissance du corrigé-type écrit ainsi que de la vidéo de correction du dossier, avant de composer le dossier suivant (qui sera aussi accompagné d’un support écrit et d’un support vidéo), et ainsi de suite.

Suivi individuel et rédactions des devoirs : Dès votre inscription, vous serez contacté(e) par téléphone par un membre de notre équipe pédagogique qui vous expliquera comment organiser votre travail. Régulièrement, le site internet de l’Autre Prépa s’animera dans votre espace personnel de nouveaux sujets à composer et de documents à lire. Les devoirs seront à composer sous Word, dans le temps de l’épreuve, et à envoyer au correcteur dont les coordonnées vous seront précisées. Il n’y a pas de délai de rigueur : un sujet mis en ligne en avril peut être composé en août.

Coût de la formation : 2500 euros pour

  • 50h de cours vidéo en droit civil
  • 40h de cours vidéo en droit pénal
  • 6h de cours vidéo en note de synthèse
  • 10h de préparation au cas pratique de droit civil (en présentiel ou en vidéo) + 1 simulation
  • 10h de préparation au cas pratique de droit pénal (en présentiel ou en vidéo) + 1 simulation
  • 20h de cours en droit public (en présentiel ou en vidéo) + 1 simulation

Trois précisions :

  1. La formule est insécable : on ne peut choisir certains modules et en refuser d’autres
  2. Si Bercy ne donne pas son feu vert à l’organisation du concours complémentaire 2019, votre choix sera le suivant : soit résilier votre inscription et obtenir un remboursement de 1250 €, soit reporter d’un an votre inscription (de nouveaux polycopiés vous seraient alors envoyés en janvier 2020)
  3. Si le concours est organisé et que vous n’êtes pas admissible, 300 € vous seront remboursés, puisque vous n’aurez pas vocation à participer à la seconde moitié de la préparation à l’admission. Si l’on en croit le calendrier des années précédentes, les résultats d’admissibilité devraient être communiqués autour de la mi-octobre (mais il faut ici encore attendre la publication de l’arrêté organisant le concours).

L’organisation du travail :

Comment préparer le concours en s’organisant au mieux, en jonglant entre obligations professionnelles et vie familiale ? C’est peut-être la question-clé, et elle ne dépend pas seulement de nous. Nous pouvons toutefois vous donner quelques indications qui dessinent en creux les portraits de certains de nos préparationnaires, pour le meilleur et pour le pire…

Si vous êtes débordé(e) de travail, enseveli(e) sous des problèmes professionnels, familiaux ou sentimentaux, la préparation du concours de l’ENM n’est peut-être pas une bonne idée : on ne saurait considérer la lecture des polycopiés de l’Autre Prépa et le visionnage des vidéos comme une thérapie…

Si vous arrivez en revanche à vous ménager des plages de temps libre (soirs, au moins deux par semaines, et week-ends), si votre projet est assez mûri et votre curiosité assez aiguisée, alors voilà quelques « trucs » qui marchent :

  • Travailler sans multiplier les supports, et en allant régulièrement consulter les Codes pour éviter d’encombrer sa mémoire de dates.
  • Avancer régulièrement dans la lecture des polycopiés en visionnant parallèlement les vidéos qui incarneront la méthode, en suivant peu ou prou le programme et l’ordre des polycopiés.
  • Rédiger un devoir d’entraînement tous les quinze jours au moins, pour retrouver une aisance de rédaction et une capacité à communiquer simplement, clairement et dans le temps de l’épreuve une pensée articulée, cohérente. Rien de tel qu’un dimanche après-midi : on reste chez soi en pyjama et on compose de 10h à 15h ou de 14h à 19h un devoir. Une fois achevé, on l’envoie en pièce jointe. Ce travail d’artisan consciencieux est payant.
  • Rester connecté au monde et…au Monde. Il ne faut surtout pas s’enfermer dans une bulle, mais continuer à lire régulièrement le Monde, car cela reste une source d’information essentielle, très prisée des membres du jury.